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Décès après une opération chirurgicale : Les médecins font pression pour libérer leur confrère

Les médecins décident d’observer une grève suite à l’emprisonnement de leur confrère. Ils lancent une pétition pour demander sa libération mais également pour dénoncer les injustices à leur égard

Les médecins montent au créneau. Ils s’insurgent contre la détention provisoire de leur confrère. Un chirurgien auprès d’un centre hospitalier en périphérie de la ville a été en effet jeté à la prison d’Antanimora le mois dernier, suite au décès d’un petit garçon de 3 ans qu’il a opéré.

À titre de rappel, ce garçon a été opéré d’une hernie le 29 juin, mais la situation ne s’est pas améliorée et il a été opéré une seconde fois le 6 juillet. Il a été par la suite évacué dans un centre hospitalier de la capitale pour être opéré une troisième fois à cause de l’infection autour de sa plaie, mais il a succombé deux jours après son hospitalisation. C’est ainsi que la famille du petit garçon a décidé de traîner le médecin en justice.

Plusieurs démarches ont été menées par l’Ordre national des médecins pour que ce chirurgien puisse alors au moins bénéficier d’une liberté provisoire, mais les efforts ont été vains. De ce fait, les médecins organiseront une manifestation pour faire pression, la semaine prochaine.

Cette manifestation verra également la participation des médecins dans les régions. Mais avant, l’Ordre des médecins a effectué une collecte de signatures depuis mardi, laquelle sera par la suite remise aux ministres de la Justice et de la Santé publique.

CODE DE LA DÉONTOLOGIE

«Les médecins ne sont pas des hors-la-loi, les patients ont tout à fait le droit de porter plainte si jamais ils ont failli à leur mission. En revanche, toutes les procédures entamées par les plaignants doivent respecter le code de la déontologie et le code de la santé, ce qui n’est pas toujours le cas», selon un porte-parole du syndicat des médecins qui souhaite garder l’anonymat.

Par ailleurs, un autre médecin a été également emprisonné vers le début de ce mois. L’Ordre national des médecins s’abstient encore de dévoiler les détails de cet emprisonnement par respect du secret de l’instruction. Face à ces emprisonnements, les médecins se sentent frustrés voire même découragés.

«Le fait de ne pas obtenir la guérison du malade ne rend ni fautif ni responsable le médecin. Il ne pourra être rendu responsable que lorsqu’il n’a pas fourni des soins à son patient, ceci après une enquête approfondie», a toujours souligné le porte-parole du syndicat des médecins.

Avec ces multiples plaintes des patients, les compétences des services hospitaliers sont sérieusement remises en question. Les décès des proches des patients sont en effet toujours associés à une erreur de diagnostic ou de traitement. Tout simplement parce que la corruption est une des grandes entraves à l’accès aux soins par la population.

HANITRA RAKOTOBE

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