TwitterFacebook

Un putsch à 300 000 chômeurs

C’est connu. Un coup d’Etat qu’on appelle aussi putsch est une machine à faire des chômeurs. A Madagascar, des milliers de familles ont déjà connu les effets dévastateurs d’un coup d’Etat ou d’une crise politique et une des plus lourdes de conséquences est sans doute celle de 2009. Des enfants qui ne peuvent plus aller à l’école, des échéances de prêts bancaires ou immobiliers qui ne sont plus honorées, une vie qui est complètement chamboulé du jour au lendemain, il n’y a que ceux qui ont déjà vécu ces périodes noirs qui peuvent témoigner de leur détresse sans personne à qui se tourner pour demander de l’aide. Souvent, les politiciens ou les militaires à l’origine de ces crises accèdent au pouvoir et oublient très vite ceux qui ont dû souffrir pour les porter au pouvoir. Des vies détruites donc pour rien qu’il faut des années à reconstruire et encore s’il reste encore quelque chose à reconstruire.

Selon les chiffres officiels, ils étaient plus de 300 000 travailleurs à être victimes collatérales de la révolution orange d’Andry Rajoelina. Certains ont vu leurs entreprises pillées ou brûlées mais d’autres qui sont au nombre non négligeable ont perdu leurs emplois à cause des sanctions internationales face à l’incapacité du pouvoir putschiste de l’inexpérimenté DJ devenu chef de l’Etat à convaincre la communauté internationale d’épargner l’économie du pays.

Aujourd’hui, à peine sorti de la plus grande crise politique qu’il n’a jamais connue, Madagascar est à nouveau à bord du gouffre. Le spectre de l’année 2009 plane à nouveau sur le pays et même si on ne peut pas encore parler officiellement de nouvelle crise politique, les conséquences se font déjà ressentir sur l’économie. Dans le milieu des entreprises, des investissements prévus démarrer dans les prochaines semaines ou les prochains mois sont reportés sine die. Le tourisme est le plus durement touché et les professionnels de ce secteur s’attendent déjà à une haute saison catastrophique. Les ambassades étrangères comme la France, les Etats-Unis et même la Chine ont déjà envoyé des messages d’avertissement quant au risque de trouble à Madagascar. Des grandes enseignes hôteliers et des tours opérateurs parlent déjà d’annulation allant jusqu’à 50 voire 90%. De quel changement parle-t-on donc sur la place du 13 avec des opposants qui vont jusqu’à faire sortir les gens de force de leur lieu de travail pour gonfler et instaurer un semblant de blocage de la machine administrative ?

NIRINA RAMANANTSOA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les elements en (*) sont requis

*