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Silence spontané

C’est une évidence. Le mouvement du 13 mai n’avait et ne pouvait pas avoir la « masse » nécessaire pour pouvoir être qualifié de véritable soulèvement populaire ayant la légitimité de réclamer le départ du président. Malgré les intimidations et le forcing utilisés par les leaders pour impliquer les fonctionnaires, force est de constater que la mayonnaise n’a pas pris et la machine administrative continue de tourner. L’explication de cet échec est simple : la mobilisation n’est pas le fruit d’une réaction spontanée et d’une conviction. Sortis par la force et à coup d’intimidation, la plupart des agents de l’Etat acceptent de suivre les manifestants presque par politesse, mais dès le lendemain, le travail reprend normalement dans les ministères. Evidemment qu’avec les partisans fanatiques de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina et avec quelques investissements, il est toujours possible de remplir le parvis de l’hôtel de ville. Mais il est loin l’époque du 13 mai 1972 ou de 1991 ou l’avenue de l’indépendance était occupée par une masse compacte de foule en colère et motivée. En y regardant de plus près, la démarche des députés tourne presque au ridicule. Exploiter les lycéens et même les petits élèves des écoles primaires publiques pour remplir la place du 13 mai. Hier, ils étaient jusqu’à violer la franchise universitaire pour rameuter les étudiants qui n’attendaient évidemment qu’une occasion pour faire l’école buissonnière. Mais c’est connu, maitriser les jeunes fougues en quête d’aventure est plus difficile que maitriser des adultes. Les débordements étaient donc inévitables mais heureusement que les forces de l’ordre étaient là pour veiller au grain. En tout cas, les députés qui font beaucoup de communication ont eu ce qu’ils voulaient car ils ont pu faire de belles photos pour montrer une route des universités envahie par les étudiants. La question est : qui parmi ces meneurs de 13 mai espèrent duper avec cette manœuvre ? Ce n’est pas en forçant les gens à faire grève qu’ils pourront convaincre les médiateurs et encore moins, ce n’est pas en forçant le pouvoir qu’ils représentent la majorité les Malgaches. La majorité garde un silence spontané par sagesse et par amour de la patrie.

Nirina Ramanantsoa

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