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Moisson : Les opérateurs d’Alaotra Mangoro tirent la sonnette d’alarme

Le phénomène de l’insécurité ne concerne pas que les grandes villes. La population des zones rurales, particulièrement celles dotées d’importants potentiels sont aussi exposées quotidiennement à des actes de banditisme.

La période de moisson a commencé dans la région Alaotra Mangoro depuis début mai, les riziculteurs sont en ce moment sur le qui-vive parce que les bandits en tout genre rodent toujours là où une importante masse monétaire est en circulation. Un paysan -souhaitant garder l’anonymat – dans la commune d’Ambatomainty-Amparafaravola déplore le fait que les propriétaires de rizières craignent pour leur vie quand arrive le moment où ils vendent leur production. « Les dahalo, souvent lourdement armés sont bien renseignés. Ils savent à qui s’en prendre. Ils ont frappé à plusieurs reprises l’année dernière», confie-t-il. Une source auprès de la Gendarmerie assure que les forces de l’ordre sont aux aguets. « Pour l’instant, aucun cas de violence ou d’insécurité perpétré à l’encontre des riziculteurs n’a été signalé. Nous ferons tout pour éviter que la situation ne se dégrade », annonce-t-elle.

Ces déclarations, les collecteurs ne le contrediront pas parce qu’ils sont également des victimes potentielles des dahalo. « La situation n’est guère plaisante, mais nous n’avons pas le choix. Nous sillonnons l’Alaotra pour faire de la collecte de riz. C’est notre gagne-pain», déclare un collecteur de la région. Comme dans tout le reste du pays l’insécurité fait partie du quotidien des opérateurs riziers. Les agriculteurs et ceux qui font tourner la filière aspire de ce fait à un environnement des affaires plus sécurisant.

Les choses ne sont pas plus reluisantes dans les régions aurifères de Madagascar, notamment à Maevantanana, à Tsaratanana et à Andriamena. Une source au sein de l’Agence Nationale de l’Or (Anor) indique que le cheptel bovin dans cette partie de l’île a fortement diminué et les dahalo s’en prennent aux orpailleurs et aussi des fois à des collecteurs. « Certains font l’objet de séquestration et se font dépouiller », précise-t-elle. Il y a deux jours de cela, la gendarmerie d’Andriamena a évoqué un cas de kidnapping manœuvré contre un opérateur économique. Malheureusement, le problème, selon toujours la même source, c’est que ceux qui travaillent dans les mines d’or, ne sont pas les plus nantis de la chaîne. Les orpailleurs ne gagnent en effet que des miettes, mais le peu qu’ils obtiennent, les bandits le dérobent.

Alors, face à cette situation, les opérateurs économiques dans leur ensemble, ceux qui sont directement concernés en particulier, appelle à une plus grande prise de responsabilité de la part de l’administration.

Didier Rambelo

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