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JOSE RAKOTOBE : «Nous sommes des acteurs et promoteurs de la culture»

Plus de 500 clips produits et réalisés, José Rakotobe est un des réalisateurs le plus demandé des artistes malagasy. Ses expériences reposent sur un travail minutieux, digne d’un vrai professionnel de l’audio-visuel.

Pouvez-vous nous rappeler qui est José Rakotobe?
J’ai commencé par le bricolage. Dès mon jeune âge, je me suis lancé un défi: apprendre deux choses chaque jour! J’ai compris très tôt qu’apprendre est la meilleure arme pour s’épanouir dans la vie. Je commençais à m’intéresser à l’audio-visuel après mon BACC en 2001. Pour moi, l’image et le son constituent un véritable CV. On peut en dire long sur le travail d’une personne à travers sa production. Ainsi, j’ai décidé de devenir réalisateur mais en commençant par la fondation d’un studio audio Jos Tech, c’était à Antalaha, avant 2008. En s’installant à Antananarivo en 2009, j’ai évolué dans la vidéo. En 2010, j’ai obtenu le prix de Zébu d’or des Rencontres de film court, dans la catégorie fiction. Dès lors, j’ai collaboré avec Interfilm en tant que jury de concours de films courts internationaux et j’ai suivi une intense formation à Konrad Wolf Babelserg, à Berlin. C’est après cela que j’ai pu développer mon entreprise qui ne produit pas uniquement des clips mais également des films documentaires.

Nombreux sont les artistes qui travaillent avec vous, avez-vous une méthodologie de travail particulière?
Effectivement, j’ai déjà travaillé avec Big MJ, Dadi Love, Lianah, Perle Noire, Ninas, Willy…, ils sont nombreux! En fait, je travaille de près avec ma femme, nous étudions ensemble le scénario et le script. Nous faisons toujours quelques recherches sur les réseaux sociaux, l’internet, à la télé, avant la réalisation des clips. C’est pour voir les nouveautés, que ce soit en technique ou en écriture. C’est ainsi que nous pouvons apporter de nouvelles touches à notre production. Avant chaque diffusion, nous présentons à des inconnus le résultat, sans le son et nous modifions le montage selon les critiques.

Est-ce que vous procédez à une sélection d’artistes avec qui collaborer?
Oui et Non! Dans ce métier, nous nous plaçons comme des acteurs et promoteurs de la culture. Donc oui, il y a sûrement une sélection. Dans notre recherche, nous évaluons toujours ce que peut être l’impact du clip chez le spectateur. Par exemple, Kiff baise et Sarimbavy de Lily, je suis consciente du côté indécent de ces chansons mais en tant que réalisateur, j’ai fait en sorte de ne pas trop heurté les spectateurs dans le scénario. Il faut aussi considérer le public cible de chaque artiste et la culture du cible. Beaucoup critiquent les chanteurs originaires de la côte avec leurs danses de hanche et de bassin, or cela fait partie de leur culture, c’est le cas dans Tsapiky. Il est aussi question de promouvoir la diversité culturelle.

Quel est donc le défi actuel de Jos Tech?
A part les recherches sur les scénarios, le défi concerne surtout le côté technique. En tant que bricoleur, je travaille également sur les équipements. Bien que nous utilisions des matériels modernes, ils sont encombrants, difficiles à manipuler et ne donnent pas toujours les résultats escomptés. Donc avec mes bricoles, je mise sur la mobilité et légèreté pour les cadrages: c’est mon grand défi du moment!

ANNICK SEDSON

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