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Jimmy B Zaotö : «On oublie de soigner les messages à faire passer dans les textes»

Derrière ses dreadlocks, Jimmy B se fait plutôt connaître en tant que le batteur des «tropicaleux». La passion pour cette musique s’est ancrée en lui très tôt, pourtant cela ne l’empêche pas de s’épanouir dans d’autres genres et de se faire un redoutable nom, «Le batteur noir».

Ça date de quand votre coup de foudre avec la batterie ?
Tout d’abord, mon père est un musicien multi-instrumentiste, il est à la fois batteur, bassiste, claviériste, soliste et aussi chanteur. Connu sous le nom de Kikirasta, il est le fondateur de Kiki et les KS de Mahajanga. Je ne me souviens pas exactement quand est-ce que j’ai commencé à m’intéresser à la musique mais selon lui, j’avais cinq ans quand je me suis mis à jouer à la batterie, pour la première fois. C’est plus tard, dans ma jeunesse que je me suis senti bercé par la musique de Jaojoby, Mily Clément, Batman Music et les Jaguars de Nosy-Be… Après l’école, je passais mon temps dans le studio de mon père, interprétant inlassablement les morceaux de ces groupes à la batterie. Mais je joue également de la mandoline, la guitare et un peu de la basse.

En parlant de musique tropicale, qu’est-ce qu’elle représente pour vous?
La musique tropicale est avant tout, une musique traditionnelle qui est peut-être déjà en moi, puisqu’à part mon père, mon grand-père jouait du «langorona», et une de mes arrières grand-mères jouait de l’«aponga tapaka». Tout au long de ma carrière, j’ai pris comme mission de prôner haut et fort et sans gêne la musique traditionnelle malagasy dans ma vie en général, et sur les scènes nationales ou internationales. Cet engouement vient peut-être de mon métissage ethnique parce que j’ai du sang Masikoro, Vezo, Betsileo et Merina. En jouant la batterie, je ressens de la liberté, une émotion intense que je ne saurais décrire.

Pouvez-vous donc citer quelques artistes avec qui vous avez déjà collaboré ?
Il faut dire qu’il y en a tellement. En 27 ans de carrière en tant que musicien professionnel, j’ai joué avec pas mal de groupes nationaux et internationaux, entre autres, le groupe de mon père, Kiki et les KS, Din Rotsaka, Samoëla, Fenoamby, Jaojoby, Mily Clément, Social Fusion, Fanaiky Project, Mika & Davis, Monique Njava, Maalesh, Eliasse, Diho, le collective Tsenga II (Mikidache, M’toro Chamou, Eliasse, Bo Houss, Zainiouni, Nicomad)…

Puisque vous interprétez différents genres, quel style vous correspond le plus ? Et puis, pouvez-vous nous parler de votre propre style ?
Tous les genres de musique me vont. Il faut juste bien analyser et entrer dans l’âme de chaque style, sans imposer ses propres jeux et tendances. Concernant la musique tropicale tout particulièrement, je constate qu’elle est dans une situation complexe en ce moment, avec toutes les influences musicales autour. On se concentre à donner de l’ambiance en oubliant de soigner les messages à faire passer dans les textes. Ainsi, dans mon projet personnel qu’est le Zaotö Groov, je m’efforce d’écrire sur la réalité quotidienne malagasy avec des textes engagés. Ce projet est bien sûr basé sur la musique traditionnelle du Nord du pays, mais ouvert aux différents styles de musique actuelle comme le rock, le jazz, le funk, l’oriental… D’ailleurs ce mois de juillet, je prévois de réaliser une tournée, et ma première direction sera Mahajanga.

ANNICK SEDSON

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