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Harivola Rakotondrasoa : « La pluridisciplinarité permet de donner plus de matière et de caractère à la création »

Un des plus actifs danseurs malagasy, Harivola Rakotondrasoa enchaine les collaborations avec d’autres chorégraphes et apparait dans diverses pièces chorégraphiques. Son talent et sa passion, il les partage et les développe dans le concept pluridisciplinaire.

Votre histoire avec la danse a débuté quand exactement ?
J’ai toujours été captivé par la danse, d’abord en voyant une des mes cousines qui dansait lors des fêtes familiales, puis par les live de Michael Jackson. J’étais également ébloui par l’ouverture des Jeux des îles de 1996 à Mahamasina, surtout pour la synchronisation des mouvements. Le rythme et le tempo de la musique s’accordaient parfaitement au gestuel. En 2003, j’ai donc commencé ma formation au sein de la compagnie de Gerda Harilala Rakotondrazaka, puis au sein de la compagnie Rary d’Ariry Andriamoratsiresy. Depuis le début, j’étais formé en danse contemporaine. Cependant, la première pièce à laquelle j’ai participé a été « Tsingilahila » de la compagnie Zava en 2003.

Vous apparaissez dans nombreuses compagnies, pouvez nous dire avec qui vous avez collaboré jusqu’ici ?
La liste est longue, mais j’ai déjà travaillé avec Zava et la compagnie Rary en premier, puis la compagnie Lovatiana, Rohy, Anjorombala, Zarasoa et la compagnie de cirque l’Aléa des possibles. Actuellement, je collabore avec la compagnie Asara, Master Jah, Sang’Art, Rianala et le chorégraphe Haja Saranouffi. Ces collaborations entrent parfois dans le cadre du projet DIHY ou « Dihy Iray HampiraY », dont je suis le directeur artistique, depuis 2014, après le départ du chorégraphe – danseur, Junior Zafialison. DIHY est un projet de formation théorique et technique pour différents styles de danse, notamment, contemporaine, moderne jazz et classique. Les intervenants sont des chorégraphes professionnels internationaux.

Qu’est ce que vous avez développé dans ce projet depuis que vous êtes le directeur artistique ?
Désormais, le projet n’est pas seulement d’élaborer des formations mais se concentre également sur les ateliers itinérants «Dihy’s experiment » et « Danse plurielle », ainsi que la diffusion de spectacles. Il y a également la création des nombreuses pièces comme « Polychrome », « Solofo sy Dimby », « Memo » et « Anonymement Je… », gagnant du grand prix du festival i’Trôtra en 2015. Nous avons également collaboré avec l’Aléa des possibles sur la création de « Continuum », qui a été présenté, la même année, au premier festival de cirque en Afrique, à Addis Abeba. Le projet DIHy permettra de promouvoir les créations pluridisciplinaires.

En parlant de créations pluridisciplinaires, qu’est ce que cela génère selon vous ?
Je pense que cela mène à l’ouverture, un renouveau dans la proposition artistique. La danse est une discipline qui peut donner place à l’expression pour d’autres disciplines, le slam, la vidéo, la peinture… En constante évolution, elles se nourrissent et génèrent de multiples formes d’expression. Expérimenter cette pluridisciplinarité permet de donner plus de matière et de caractère aux thèmes traités et à la création. Cela demande ensuite de l’humilité, de la générosité, de l’écoute, un sens critique et surtout une bonne gestion d’équipe.

Que projetez-vous pour développer le projet DIHY et vos activités personnelles ?
Je prévois de proposer une tournée régionale pour les ateliers itinérants « Danse plurielle » afin de faire découvrir aux jeunes chorégraphes des nouvelles disciplines mais aussi pour vulgariser au maximum la danse. Il s’agit aussi de multiplier les montages de spectacles pluridisciplinaires à travers le cirque, la danse, le conte et d’entamer une reprise de « Anonymement je… » avec des danseurs mauriciens. Actuellement, je travaille sur un nouveau solo « Only memories stay » en collaboration avec Rina Ralay Ranaivo, l’artiste visuel.

Annick Sedson

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