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Barry Benson : «Les slameurs malagasy manquent de soutiens»

Barry Benson Rakotonirainy Zafimahaleo vient de porter haut le nom de Madagascar lors de la Coupe du monde de slam en France, le mois de mai. Fervent slameur et passionné de la discipline, il y est allé jusqu’à la demi-finale, ce qui est déjà un grand pas pour lui et pour le slam malagasy

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’art du slam? Et vos palmarès avant de devenir champion national du slam en 2017?
J’avais le déclic à l’époque où j’ai su après le décès de mon père qu’il écrivait en cachette. D’autant plus que j’aimais écrire depuis mon enfance. C’est la liberté d’expression dans le slam qui m’attire le plus et surtout les rencontres et les relations qui en découlent. Il y a aussi les idées qui se convergent ou se divergent, bref, la diversité de l’opinion dans les différents thèmes traités. C’était en 2005 que je suis vraiment entré dans le monde du slam. J’étais sacré vice-champion en slam pour la «Démocratie» en 2011, puis Champion Spoken Word en 2013 avant d’être champion national de slam en 2017, en individuel, puisqu’il y a également les titres que j’ai obtenus en équipe.

Comme êtes-vous arrivés au titre de champion national de slam?
Il y a vraiment eu de travail personnel, entre autres l’amélioration des anciens textes, les mettre à jour selon ce qui se passe actuellement et selon les styles plus contemporains. Je me suis vraiment entraîné dans les gestuels sur scène, un de mes points faibles auparavant. J’ai également travaillé mon souffle, les articulations et aussi la mémorisation des textes. Grâce aux divers ateliers que j’ai assistés, je pouvais pratiquer quelques exercices pour m’améliorer et le côté scénique dépend de chaque texte.

De quoi parlez-vous dans vos textes?
Mes textes ont toujours ce côté «engagé» et «militantisme» qui suscitent des réflexions sur une réalité sociale à Madagascar ou dans le monde, comme la situation de l’Afrique face au monde entier. Mais j’évoque également des sujets personnels. Actuellement, j’ai une centaine de textes dont nombreux n’ont pas encore été présentés sur scène. J’écris parfois en bilingue ou en intégrale, français ou malagasy. Parfois même en trilingue, c’est selon l’humeur.

Pouvez-vous nous raconter l’ambiance durant la compétition mondiale?
Le trac et la pression ont été si forts, ce n’était pas du tout facile de représenter plus de 27 millions de personnes, un pays tout en entier. Mais tout s’est bien passé, il y avait tout de même une bonne ambiance de plus car j’étais accompagné par un de mes amis Tagman Namgat. J’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres slameurs du monde qui apportaient d’autres styles. C’était inspirant et merveilleux.

Selon vous, comment se présente le monde du slam malagasy et quels seront vos projets?
Tout d’abord, je tiens à remercier les institutions culturelles à Madagascar, notamment l’IFM, CGM, les Alliances françaises, le Craam…, car sans eux, le slam à Madagascar ne peut pas évoluer. Je pense vivement que les slameurs malagasy ont vraiment du potentiel et de la conviction mais ils manquent de soutiens, de considération de la part du public, des organisateurs événementiels… Beaucoup le considèrent encore comme un «passe-temps». Il faut aussi travailler le côté professionnel des prestations. En ce qui me concerne, je suis sur le point de travailler sur 5 titres, et les shows vont aussi s’enchaîner.

Annick Sedson

2 commentaires

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