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Hery Rajaonarimampianina : Pas de permis minier pour les spéculateurs

L’Etat malagasy entend administrer l’industrie extractive avec plus de rigueur afin de rendre celle-ci plus efficace. Le Président Hery Rajaonarimampianina a donné le ton en assurant qu’il n’y aura pas de permis à visée spéculative dans ce secteur.

L’ouverture du Salon des Mines, du Pétrole et de l’Equipement, ayant ouvert ses portes, hier au Mining Business Center d’Ivato fut une occasion pour le Président Hery Rajaonarimampianina d’exprimer une nouvelle fois sa volonté à appuyer les initiatives privées, particulièrement ceux intervenant dans le secteur extractif. Le chef de l’Etat affirme que la Grande île laisse ses portes ouvertes aux investisseurs miniers et pétroliers. « Les permis miniers sont là, mais ils ne sont pas destinés aux spéculateurs », lance-t-il. Il est inadmissible, poursuit-il, que sur les 4 000 permis miniers en circulation, une cinquantaine fait l’objet de versement de ristourne et de redevance dans les caisses de l’Etat, et encore, le montant acquitté par un opérateur dépasse à peine les 5 000 dollars.
Le locataire d’Iavoloha adresse ainsi un message aux titulaires de permis miniers, qui ne s’en servent pas pour exploiter les carrés miniers, mais qui revendent leur autorisation à d’autres intervenants opportunistes. « Dorénavant, seuls les opérateurs sérieux et présentant un bon business plan pourra se faire délivrer un permis de recherche et d’exploitation (PRE) », assure Hery Rajaonarimampianina. Il ajoute que l’Etat veillera à ce que les investissements effectués par les exploitants miniers aient des retombées réelles sur l’économie nationale. « Les mines figurent parmi les sept piliers de la Vision « Fisandratana 2030 », rien ne sert d’avoir des investisseurs si ceux-ci ne contribuent pas à l’amélioration du bien-être de la population via la création d’emploi et aussi la création de richesses », souligne le Chef de l’Etat.

CONTRIBUTION

Si le Président de la république adopte ce ton ferme, c’est parce qu’il y a une raison à cela. La contribution du secteur extractif dans l’économie de Madagascar reste modeste. En effet, le ministre auprès de la présidence en charge des Mines et du Pétrole, Ying Vah Zafilahy dévoile que les mines et le pétrole ne représentaient en 2015 que 4,75% du Produit intérieur Brut (PIB) de Madagascar. « Le flux financier enregistré au sein de ces industries s’élevait à 9 260 milliards d’ariary en 2016. Ce chiffre paraît important, mais je dois dire que les impacts de ces activités dans le développement socio-économique du pays ne sont pas à la hauteur de nos attentes », lâche-t-il. Le membre de gouvernement affirme qu’il faudrait désormais adopter une nouvelle approche pour mettre fin à cette anarchie qui « mine » les filières extractives. Il évoque par exemple l’élaboration d’un cahier des charges que les détenteurs de permis seront tenus de respecter dans l’exercice de leur activité, et ce, en attendant la finalisation du nouveau code minier.

Ainsi, Ying Vah Zafilahy fait savoir que le ministère adoptera un nouveau mode de gestion visant à mieux contrôler et à assainir les filières minière et pétrolier. « L’objectif est de faire de chaque acteur un pourvoyeur de ressources pour l’économie et surtout pour la population concernée directement ou indirectement par le projet », précise-t-il. Prenant l’exemple de la filière or, celui-ci note que des dispositions ont été prises pour canaliser la production aurifère et pour en garantir la traçabilité.
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Didier Rambelo
Recherche pétrolière
14 compagnies en exploration à Madagascar
Les gisements de pétrole de Madagascar intéressent les investisseurs pétroliers internationaux. Le Ministre auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole, Ying Vah Zafilahy indique que 14 compagnies effectuent actuellement des explorations dans les différents gisements miniers de la Grande île. Le membre de gouvernement ajoute que certaines de ces entreprises travaillent dans le pays depuis plusieurs années. Parmi les nouveaux venus, il cite géant britannique British Petrolium. Le membre de gouvernement assure que d’autres grands noms de l’industrie pétrolière mondiale pourraient bientôt faire leur entrée dans l’île.
Ying Vah Zafilahy note cependant que le développement du secteur pétrolier requiert de la patience parce que les recherches menées par ces compagnies internationales peuvent durer plusieurs années. « Il y a des cas où un promoteur y met de l’argent et surtout son expertise pour ne rien trouver à la fin. Cela démontre la complexité de cette filière », poursuit-il.
D’après toujours le ministre, les compagnies injectent des fonds importants dans ce secteur. Un forage en in-shore nécessite entre 15 millions et 20 millions de dollars tandis que pour un forage en in-shore, l’investissement peut monter jusqu’à 50 millions de dollars pour une intervention en off-shore.
Madagascar a beaucoup d’espoir quant au devenir du secteur pétrolier amont. « L’industrie pétrolière connaît ces dernières années une croissance considérable. Cette dynamique devrait se poursuivre vus les efforts entrepris par l’administration pour améliorer les conditions d’investissement dans le pays.
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DR

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